Comment la transformation numérique de l’agriculture s’accélère en France

La crise sanitaire a accéléré des transformations dans l’automatisation et la numérisation des industries. Les technologies à potentiel comme l’internet des objets, allant des objets connectés jusqu’aux véhicules autonomes. En agriculture, cela se traduit notamment par le fait de s’appuyer de manière croissante sur les données pour prendre des décisions et ainsi mettre en place une véritable agriculture numérique. 

D’ou vient le besoin du numérique en agriculture ?

Le besoin d’automatisation nait du manque d’effectifs. En 1982, on comptait encore 1,6 million d’agriculteurs en France, soit 7,1 % de l’emploi total. En 2019, il ne demeure que 400 000 personnes dans l’emploi agricole, soit 1,5 % de l’emploi total d’après un rapport de l’Insee.

Les solutions automatisées amènent un gain de temps précieux. Ainsi, le développement de dispositifs automatisés a constitué le préalable au développement de la numérisation dans cette industrie. Par exemple, l’intégration de drones, trayeuses automatiques et autres dispositifs de suivi médical des animaux, et bien d’autres robots sont de plus en plus présents.

Agriculture numérique, femme avec tablette dans un champ

Il reste encore du chemin à faire. Les premiers concernés doivent adopter ces solutions. Cependant, dans un monde de traditions où l’innovation pénètre lentement, certains y voient encore un facteur de risque ou une menace. Assurément, c’est tout l’enjeu des chambres d’agriculture et autres corps constitués que de réussir à déplacer le curseur.

Cette transition au numérique est suivie par la Chaire de Mutations agricoles, son but est de comprendre et d’expliquer les mutations des métiers de l’agriculture.

Quelles technologies pour l’agriculture numérique ?

Le sol par exemple reste à ce jour un mystère. Le lien entre la santé du sol et la santé des récoltes semble pourtant évident même si les facteurs en oeuvre restent encore flous. La présence des lombrics, des hyphes et autres micro-organismes dans la terre est importante.

C’est le défi que Brad Technology veut relever. Récolter et analyser en continu les données des sols afin de mieux comprendre la qualité et l’intensité de leur activité biochimique. Indicateur fort de leur santé et donc de leur capacité à interagir avec les cultures au bénéfice de tous.

Le numérique permettra également d’assurer la traçabilité de la chaîne alimentaire. Ceci en retraçant l’historique des actions de production, de transformation et de logistique grâce aux données acquises. Le numérique permet de garantir de manière opposable et transparente la qualité du produit tout au long de son cycle de vie. Ce qui correspond à une demande de plus en plus pressante du consommateur.

Les objets connectés qui se déploient ont aussi la capacité de connecter les utilisateurs entre eux. En effet, échanger des données avec les autres acteurs de cette révolution numérique agricole devient chaque jour plus facile. Notamment pour une nouvelle génération d’agriculteurs adepte du smartphone et des réseaux sociaux.

agriculture numérique et partage de données entre les acteurs de la chaîne alimentaire

Même si beaucoup d’applications exploitent encore leurs données en mode fermé, on constate l’émergence de plateformes d’agrégation. Comme AgDataHub qui montre que cette tendance au partage s’affirme et se structure. Lancée pour répondre aux besoins des agriculteurs et des filières, cette plateforme oeuvre pour “un numérique collaboratif agricole”. Elle promeut “une démarche de standardisation collective et structurée pour garantir le développement du numérique agricole”.

Une transition qui est aussi écologique

Les agriculteurs sont parmi les premiers à être touchés par les conséquences du réchauffement climatique. Par conséquent, leur volonté de se diriger vers une production responsable est tout aussi importante. La possibilité de piéger le carbone dans des sols vivants fait revenir au premier plan la nécessité d’une production plus soucieuse de leur préservation.

Les sols de la planète contiennent trois fois plus de carbone qu’actuellement dans l’atmosphère et ils peuvent en contenir plus.

Économiser l’eau est également nécessaire et réalisable en s’appuyant sur des données massives permettant de prédire les besoins avec précision et de limiter le gaspillage. Le préalable est donc bien de collecter et traiter les données. Et ainsi, construire et partager la connaissance agricole qui en ressort améliorée et renouvelée pour prendre en compte les changements d’ampleur en cours.

Sources :

  • “L’agriculture transformée par les données” : ZDNet
  • Insee
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