Les impacts du changement climatique : le gel d’avril 2021

Le 6 avril dernier, le gel a touché une grande partie de la France. Ces gelées se sont avérées être les plus catastrophiques depuis des décennies. Les plus affectés par ce bouleversement sont les vignerons, les arboriculteurs et les céréaliers. Les assurances et les indemnisations compensent les pertes, mais n’évitent pas la catastrophe. Une question demeure donc : quels sont les moyens efficaces pour résister, voire prévenir, les impacts soudains du changement climatique ?

comment lutter contre le gel

Le gel d’avril, un présage du changement climatique

La floraison était déjà bien entamée pour les vignes et les arbres fruitiers lorsqu’un grand froid, venu du Nord de l’Europe, s’est soudain installé sur la France. Provoquant ainsi une vague de gel catastrophique pour les agriculteurs. Ce phénomène est un événement tragique lié au changement climatique qui génère des répercussions diverses et plus profondes sur l’agriculture. Miguel A. Torres, cofondateur de l’association IWCA (International Wineries for Climate Action), constate que des dérèglements sont observés sur les vignes. En 20 ans, les vendanges ont avancé de 10 jours, et on constate de plus en plus de déséquilibres à la maturité. Monsieur Torres se demande si la filière du vin sera durable en Europe, et notamment en France. D’après lui, si la température mondiale augmente de 2 à 3 °C d’ici la fin du siècle, les vignes de qualité vont se raréfier.

Les conséquences du gel

Le bilan est lourd, en particulier pour les viticulteurs. Néanmoins, Luc Servant, vice-président des Chambres d’agriculture, se refuse à faire un pronostic sur l’ampleur des pertes, car une partie de la récolte peut encore être sauvée. En effet, d’après lui, certains vignobles compteraient des pertes de 50 à 80 %. Cependant, il est possible que les pousses reprennent, et viennent ainsi sauver une grande partie des récoltes.

Les solutions d’urgence gouvernementales : indemnisations et fonds d’aide

Julien Denormandie, ministre de l’agriculture, a déclaré la mise en place du régime de calamité agricole afin d’aider les agriculteurs. Cependant, seuls les vignobles et exploitations assurés auront droit à une indemnisation. Jérôme Despey, secrétaire général de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) rappelle que seuls 200 000 hectares de vigne sont assurés sur les quelque 800 000 cultivés en France. D’après le ministre interrogé sur France Inter, les viticulteurs ne sont normalement pas concernés par le régime de calamité agricole. Pour y palier, le gouvernement a ouvert un fond spécial doté d’1 milliard d’euros qui leur est dédié ainsi qu’aux arboriculteurs.

Comment lutter contre le gel ?

Lors de cette première semaine d’avril, le gel a été destructeur. Les agriculteurs ont dû trouver des solutions rapides et efficaces pour lutter contre cette catastrophe imprévue. Une des solutions consiste à réchauffer les cultures en plaçant des bougies, des chaufferettes, des bûches ou pains calorifiques si la température ne baisse pas en dessous des -2 C°.

De même, il est possible de protéger les bourgeons jusqu’à -6 C° en les aspergeant d’eau. Ainsi, ils se trouvent recouverts d’une poche de glace, sans pour autant que l’eau ne les gèle.

Enfin, Inaki Garcia de Cortazar, directeur de recherche à l’INRAE dans l’unité AGROCLIM en Avignon, rappelle que le brassage de l’air a aussi donné des résultats positifs. Comme l’air froid est plus lourd que l’air chaud, il stagne au sol et refroidit les plantes.

Par ailleurs, les agriculteurs installent parfois des éoliennes, quand ce ne sont pas des hélicoptères ou des drones qui survolent les champs, pour mieux répartir les couches d’air.

bougies agricoles

Les solutions agricoles pour prévenir les épisodes de gel

Les différentes entités ou syndicats agricoles préconisent certaines solutions qui permettent de lutter contre le gel. Parmi les solutions répondant à ces pratiques, on peut citer :

  • La culture de nouvelles variétés, résistantes aux climats difficiles. C’est la piste privilégiée aujourd’hui par les chercheurs de l’INRAE.

  • La mise en place d’un système de monitoring (sondes et applications) qui produiront les données nécessaires à prévenir l’épisode de gel en amont et donneront le temps d’agir.

Prévenir plutôt que guérir

La première solution demande un changement majeur puisque les plants seront différents. En revanche, les solutions préventives aident à se préparer à l’instabilité du climat. Car il est possible de faire des prévisions. Notamment en combinant les données de l’environnement, comme celles de l’air, la terre, les UV, ou encore l’humidité dans des dispositifs d’intelligence artificielle. Des sociétés, telles que Brad Technology, développent une solution complète de collecte et d’analyse des données des sols dans le but d’aider les agriculteurs à mieux surveiller et piloter la qualité et la bonne santé des sols agricoles.

Sources :

  • “Le changement climatique est la menace la plus importante pour l’industrie du vin”, 22/03/2021 : Mon Viti

  • “L’une des pires catastrophes depuis des décennies pour l’agriculture française”, 09/04/2021 : Terre Net

  • “Face aux épisodes de gel tardif, peut-on protéger les cultures agricoles ?”, 10/04/2021 : France Inter

  • Émission “On n’arrête pas l’éco“, 17/04/2021 : France Inter

  • “La plus grande catastrophe agronomique” du siècle, 13/04/2021 : Agri Mutuel

  • “Une panoplie de techniques à l’efficacité limitée pour protéger les cultures”, 14/04/2021 : Agri Mutuel

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